LE LAC DE ÇAMIÇI

Le Lac de Çamiçi est aussi dénommé le lac de Bafa. Ce lac très poissonneux se situe au sud de la plaine du Grand Méandre, face à l’antique Mont Latmos (Montagnes de Beþparmak). A l’origine, cet endroit était un golfe de la Mer Egée qui a été comblé par les alluvions du Méandre, et qui est devenu un lac d’eau douce.

Dans le vieux village de Kapikiri, situé sur la rive nord-est du lac, se trouvent les ruines éparses d’Heraclée du Latmos. La cité antique était un port construit par les Ioniens au fond du Golfe du Latmos. Après avoir pris part, avec Milet et d’autres villes, à la révolte ionienne contre les Perses, au Ive siècle av. J.C., Héraclée passa


Les ruines d'Heraclée sont éparpillées
autour de ce charmant village

sous la domination du souverain de la Carie, Mausole, qui transforma son nom en Héraclée du Latmos afin de la différencier des autres villes du même nom. Prise par Alexandre le Grand, la cité fut entourée par une enceinte de 6,5 km de long qui comprenait 65 tours. Durant cette période, la ville développa son commerce maritime. Cependant, vers la fin du Ier siècle ap. J.C., le déclin s’amorça avec l’ envasement du golfe. Le christianisme se répandit tôt dans cette région sauvage, et des moines anachorètes s’installèrent dans les grottes de la montagne. Des monastères byzantins furent construits sur la rive et sur les petites îles du lac. Les ruines de l'un d’entre eux s’élèvent sur l’île en face du village.

Parmi les ruines hellénistiques de la cité construite sur un plan hippodamien, se trouvent le Temple in antis d’Athéna, le Théâtre
, le Bouleuterion, l’Agora,, l’ enceinte et le Sanctuaire d’ Endymion.

C’est sur le Mont Latmos que Séléné, déesse de la Lune et soeur jumelle d’Hélios (le Soleil) et d’Eos (l’Aurore), fit la rencontre du jeune et beau berger Endymion, endormi dans une grotte, et qu’elle en tomba follement amoureuse. Séléné commença à lui rendre visite chaque nuit, et Endymion rêvait à chaque fois qu’il étreignait une belle créature au milieu de verts pâturages... Comme les dieux et déesses grecques ne vieillissaient et ne mouraient jamais, Séléné demanda à Zeus d’accorder la jeunesse et la vie éternelles à Endymion, afin de pouvoir l’aimer pour toujours, et pour qu’il puisse vivre dans le bonheur éternel de ses rêves. De cette étrange histoire d’amour, Séléné donna naissance à cinquante filles !!!





MILAS


Milas, la deuxième grande ville de la province de Mugla, est réputée pour les tapis qui sont tissés à la main dans les villages alentours (Karacahisar, Gereme...). Le tissage du tapis est une tradition dans la région depuis le XVIIIe siècle.
A Milas les anciennes maisons turques traditionnelles en bois sculpté, aux fenêtres treillissées et aux petites cours intérieures, ainsi que les « maisons hongroises » dénotant une influence européenne et construites dans les premières années de la République, sont de beaux exemples de l'architecture locale.

L'antique Mylasa devint la capitale de la Carie sous la domination perse au VIe siècle av. J.C.. La ville, qui prit part à la révolte ionienne et aux Guerres Médiques au Ve siècle av. J.C., joignit la Ligue Maritime Attique-Délos en 446 av. J.C.. Mylasa fut prise par Alexandre le Grand qui mit Ada, la reine de Carie, à la tête de l’ administration de la région. Après 143 av. J.C., Mylasa devint le siège du tribunal présidé par les gouverneurs romains, et fit partie de la Province Romaine d’Asie lorsque Attale III légua le Royaume de Pergame à Rome. Durant la période byzantine, Mylasa devint un évêché. Suite à la bataille de Manzikert en 1070, les Turcs Seldjoukides progressèrent sur une grande partie de l’Anatolie. Lors de leur déclin à partir de 1284, la région fut dominée par Menteþe Bey qui instaura l’Emirat de Menteþeoðullarý avec Milas pour capitale. La capitale fut cependant transférée sur les hauteurs de Beçin pour des raisons défensives. In 1392 Milas passa sous domination ottomane. Avec la proclamation de la République, la ville prit le statut de district de la Province de Mugla.

Les principales curiosités de Milas sont :

Le Mausolée de Gümüskesen, situé à l'ouest de la ville, pourrait-être une petite réplique du célèbre Mausolée d'Halicarnasse qui était l'une des Sept Merveilles du Monde. Le Mausolée semble avoir été construit au IIe siècle ap. J.C., mais son propriétaire n’a pas été identifié. Sa toiture pyramidale est supportée par des piliers et colonnes à chapiteaux corinthiens et dont le fût est cannelé.


La Porte Baltali, ou Porte à la Hâche, tire son nom du relief à la double hâche sur la clef de voûte de l’arche. Cette porte était partie intégrante de l'aqueduc qui alimentait la ville en eau. On ne sait pas si elle faisait également partie des remparts, car aucune trace n'en a été retrouvée, ou si elle avait été élevée par la ville en l'honneur d'un empereur. Cependant, d'après les yeux qui sont gravés sur la double hâche (le symbole de Zeus Labrandos), il semblerait que la porte ait eu une signification symbolique de culte, car les yeux regardent en direction de Labranda (voir plus bas) comme si le dieu devait surveiller la voie sacrée et protéger les gens se rendant au festival qui avait lieu chaque année à Labranda. Les chapiteaux des piliers sont décorés de cannelures et de palmettes, rappelant ainsi les chapiteaux du Mausolée de Gümüskesen, ce qui prouve que la porte fut érigée à la même période (IIe siècle ap. J.C.).

 

Le Temple de Zeus Carios, surélevé par un podium, se trouve sur la colline à l’ouest d’Hisarbasi. Seule une colonne corinthienne, appelée « uzunyuva » (le long nid) par la population locale, a survécu.

Le Cimetière Juif est situé tout près de Gümüskesen. Ce vieux cimetière semble avoir été abandonné dans les années 1950 car toutes les dates inscrites sur les tombes sont antérieures à cette période.

Uzunyuva, "le long nid"
Pierres tombales du Cimetière Juif

La Mosquée de Kursunlu fut érigée à la demande de Firuz Bey, un gouverneur Menteþeoðullarý, en 1394. La mosquée, dont le dôme est recouvert de plomb (kurþunlu), est construite sur un plan en T renversé et possède un porche particulier. On admirera le beau travail de la pierre et les inscriptions calligraphiques de cette mosquée. Le jardin est entouré par des salles de medrese.
Deux autres mosquées de la même période sont la Grande Mosquée (Ulu Cami, 1378), et la mosquée d’Orhan Bey (1330).

Le Caravansérail de Çöllüoglu, construit en 1720 par les Ottomans, possède deux étages s’élevant sur un plan rectangulaire. Des matériaux de construction provenant d’anciens bâtiments y ont été réutilisés.

Le Musée de Milas expose les objets provenant des fouilles pratiquées dans la région.

A Milas a lieu le marché (pazar) typique et coloré hebdomadaire du mardi. C’est un des plus importants et des moins chers de la région.

Beçin est situé sur une élévation abrupte de 200 m de haut, à 5 km au sud de Milas sur la route d'Ören. Des sources historiques variées ont fait référence à cet endroit, qui a des origines très anciennes, en tant que Pezona, Bercin et Peçin.
Au XIIIe siècle, les Menteþeoðullarý firent de Milas leur capitale puis la transférèrent à Beçin qui était mieux défendable. Beçin demeura la capitale durant tout le règne d’Ahmet Gazi. A sa mort, la région fut conquise par l’Ottoman Bayezit I.
En plus de la forteresse qui remonte à la période des Menteþeoðullarý, se trouve le medrese, construit par Ahmet Ghazi en 1375.


Sa tombe, coiffé d'un dôme, fait face au portail d’entrée. On verra également les vestiges de bains publics ainsi que les fondations et l’entrée en marbre de la Mosquée d’Orhan Bey.




Dans la région se trouvent plusieurs sites archéologiques tels que Héraclée du Latmos, Alinda, Labranda, Euromos, Iassos et Bargylia.

L’antique Euromos
, située à 12 km au nord de Milas, était la plus importante cité après Mylasa. Les ruines sont éparses mais la partie la plus intéressante se trouve à deux pas de la route principale : là s’élève le Temple de Zeus, temple périptère romain construit au II siècle ap. J.C., qui compte parmi les temples les mieux préservés de toute la Turquie. Il s’élevait sur un stylobate de 14.50 m x 27 m. Seize colonnes sont encore debout avec leurs beaux chapiteaux corinthiens. Les trois colonnes sur le côté sud ainsi que celle à l’angle sud-ouest n’ont probablement pas été terminées puisqu’elles ne présentent pas de cannelure. Des dédicaces sont inscrites sur la plupart des colonnes orientées vers le nord et l'ouest. Cinq d’entre elles ont été offertes par le médecin et magistrat Ménécrates et sa fille, et sept autres par Léon Quintus, un autre magistrat.
A l’est sur la colline et légèrement au dessus de la plaine s’élève le théâtre très en ruine. L’agora, sur le plat, est entourée par une stoa dont quelques colonnes sont encore debout. Plus à l’ouest se trouve une autre stoa. Sur un des piliers une longue inscription témoigne de l’aide financière d’un certain Callisthènes à la ville d’ Euromos et son alliance avec Iassos.




Labranda est situé dans les montagnes de Çomak à 14 km au nord-est de Milas. La route qui mène à Labranda est sinueuse et en très mauvais état à cause des camions qui font des allées et venues aux carrières environnantes, et il est donc recommendé de conduire avec prudence. Il est possible de s’y rendre avec une voiture ordinaire, cependant une 4x4 (fermée) peut se révèler plus pratique. N’importe comment, la grande beauté du site compensera la mauvaise route.

Aux VIe et Ve siècle av. J.C., Labranda était déjà réputée pour son sanctuaire dédié à Zeus Stradios (Zeus Labraundos), un dieu vénéré uniquement par les Cariens, et qui semble avoir été leur dieu de la guerre, puisqu’il était représenté sur les pièces de monnaie cariennes muni d’ une double hâche et d’ une lance. A l’époque, le temenos (l’aire sacrée du sanctuaire) était constitué par un temple construit sur une terrace artificielle. En 497 av. J.C. l’armée carienne, vaincue par le Perse Darius I, ensemble avec leurs alliés miletiens battirent en retraite par la Voie Sacrée de 8 m de large (dont les pavés sont encore visibles) qui reliait Mylasa au sanctuaire, et se rassemblèrent à Labranda afin de se réorganiser. Mais, poursuivis par les Perses, lors de la bataille qui eut lieu autour et dans le sanctuaire, les Carians furent définitivement vaincus.
En 355 av. J.C., au cours d’un des festivals qui avait lieu en l’ honneur de Zeus Labraundos, Mausole (377-353 av. J.C.) fut sauvé in extremis d'une tentative d’assassinat. En signe de gratitude envers le dieu, il fit agrandir le sanctuaire et l’ embellit avec des terraces et des monuments.



Zeus Labrandos -
Pièce frappée à l'époque de Mausole

Le frère de Mausole, Idrieus (351-344 av. J.C.), continua les travaux qui furent interrompus à sa mort. Quelques années plus tard, un terrible incendie mit fin aux activités du sanctuaire.

Les ruines d’intérêt majeur sont :
La petite maison dorique située à l’est du propylon sud (grand portail d’ entrée). Durant la période romaine, ce bâtiment fut annexé au complexe des thermes.
L’escalier monumental qui donne accès à la terrasse centrale.
Les deux salles de banquets appelées « Androne » : l’Androne de Mausole (Androne B) avec une cella carrée et une grande niche rectangulaire, resemble à un temple. L’Androne d’Idrieos (Androne A) est le monument le mieux conservé du temenos. Il sont tous deux construits sur le même plan.
Le Temple de Zeus est situé sur la terrasse supérieure. Il fut construit en deux phases au IVe siècle av. J.C.. La deuxième phase le transforma en un temple périptère d’ordre ionique: une rangée de colonnes, 6 devant et 8 sur les côtés, ainsi qu’un opisthodome furent ajoutés à la cella. Une inscription nous informe que le temple fut sanctifié par Idrios.
Les Oikoi sont deux salles rectangulaires situées derrière le porche aux 4 colonnes doriques entre les Andrones. Elles devaient être utilisées comme salles d’ archives.
La tombe rupestre, située dans les hauts du temple, comporte deux pièces voûtées.
A 200 m à l’ouest du sanctuaire se trouve le stade de 176 m de long dont l’arrière est renforçé par un mur de soutènement. Les pierres qui délimitaient le départ et l’arrivée des courses sont encore visibles. Il semble que des compétitions sportives étaient organisées dans le stade pendant les festivals qui duraient cinq jours.

Ce sphinx barbu est l'une des acrotères qui
ornaient le fronton de l'Androne de Mausole
(Château St Pierre - Bodrum)



Iassos est située à 28 km à l’ouest de Milas dans le village de Kiyikislacik. Des habitations de type minoen et de la poterie mycénienne mises au jour durant les fouilles ont révèlé que des implantations existaient depuis longtemps déjà avant que des colons venus d’Argos ne fondent Iassos au IXe siècle av. J.C. Plus tard, Iassos fut peuplée par des émigrants venus de Milet. A l’origine, Iassos était située sur une île qui, avec l'envasement de l’isthme, devint une péninsule. La pêche joua un grand rôle dans la vie de la population locale qui, semble-t-il, était aussi très attachée aux dauphins. Une histoire raconte qu’un jeune garçon avait l’habitude d’aller nager avec un dauphin qui l'entraînait au large puis le ramenait sur la rive. D’après Pline, Alexandre le Grand, charmé par cette histoire, emmena le jeune avec lui et le fit prête de Poséidon, le dieu de la mer. Certaines des pièces de monnaie découvertes à Iassos, représentent une jeune garçon, nageant à côté d’un dauphin, un bras passé autour de lui. Les divinités majeures vénérées à Iassos étaient Artémis Astias (une ancienne déesse carienne fusionnée avec Artémis) et Apollon, cependant Dionysos était aussi tenu en haute considération : le théâtre lui était dédié et un festival avait lieu en son honneur.

Les bâtiments majeurs de la ville antique se trouvent sur la péninsule et sont constitué par :
Le porche qui donne accès à l’agora. Les stoas autour de l’agora remontent à l’époque romaine (130 av. J.C.).
Le bouleutérion avec, à l’angle est, un bâtiment rectangulaire orné de colonnes appelé Césaréon.
Le Temple d’Artémis Astias qui est situé à l’angle sud-ouest de l’agora.
Le théâtre hellénistique qui a été transformé à la période romaine.
La tour médiévale, située en haut de l’acropole, possède des murs de 2 m d’épaisseur. A l’intérieur se trouve une citerne.
Le port qui s’étend entre la péninsule et le continent. Des deux tours construites au Moyen – Age à l’entrée du port, une seule a subsisté. Une chaîne était tendues entre les tours afin de contrôler l'entrée du port.

En plus des murs d’enceinte entourant la ville, d’autres murs, long d’environ 3,5 km, s’étendent au nord-ouest de la ville.
Les aqueducs, la nécropole et le bâtiment appelé Marché au Poissons (Musée à ciel ouvert du Marché au Poissons), sont situés à l’extérieur des murs.

A l’ouest de la nécropole romaine se trouvent des tombes en forme de maison et des tombeaux rupestres. La tombe la plus célèbre est un mausolée corinthien situé dans le Marché aux Poissons.





BODRUM


D'après le grand voyageur-historien-philosophe Herodote*, l'antique Halicarnasse fut fondée en Carie par des colons doriens qui se mêlèrent à la population locale dès Lélèges et des Cariens. Avec Cnide, Cos sur l’île du même nom, Camiros, Lalysos et Lindos sur l’île de Rhodes, Halicarnasse fit partie de la Confédération Dorienne. Au milieu du VIe siècle av. J.C., la cité tomba sous la domination des Perses mais fut gouvernée par des tyrans natifs de la région installés à Mylasa, le premier étant Lygdamos. Sa fille, la reine Artémise I, prit part aux côtés de Xerxès à l’expédition contre la Grèce, mais, vaincus à la bataille navale de Salamine (480 av. J.C.) Halicarnasse passa sous la domination d’Athènes. En 386 av. J.C, suite à un traité de paix, Halicarnasse repassa sous contrôle Perse et fut administrée par une ancienne dynastie carienne vivant à Mylasa. Hecatomanos, qui gouvernait sous le titre persan de satrape, avait trois fils, Mausole, Idrieos et Pixodaros, et deux filles, Artemise II et Ada. Après la mort de son père en 377 av. J.C., Mausole tranféra la capitale carienne à Halicarnasse. Lorsque le Satrape Mausole devint si puissant qu’il reprit le titre de roi, parvenant à une certaine indépendance, la ville jouissait d’une grande prospérité. Après sa mort, en 353 av.J.C., sa soeur et épouse Artémise II, célèbre pour sa victoire navale sur les Rhodiens, fit ériger un monument à la mémoire de son époux, le Mausolée qui fut l’une des Sept Merveilles du Monde. A la mort d’Idrieos, sa soeur et épouse Ada gouverna jusqu’à ce que Pixodaros, fidèle allié des Perses, l’envoie en exil à Alinda. En 334 av. J.C., lorsqu’ Alexandre le Grand prit Halicarnasse, aidé par Ada, cette dernière remonta sur le trône. Halicarnasse et la Carie furent successivement incorporées à l’Empire Romain, Byzantin, Seldjoukide, à l’Emirat des Turcs Mentese puis à l’Empire Ottoman sous Bayezit Ier. En 1404 Halicarnasse, désormais appelée du nom Turc Bodrum, fut prise par les Chevaliers de Rhodes qui construisirent le Château Saint Pierre. En 1523 Soliman le Magnifique chassa les chevaliers de Bodrum et plus tard de Rhodes.

* Hérodote
(environ 490/485 - 425/420 av. J.C.), après avoir pris part à la révolte contre le tyrant au pouvoir Lygdamis, fut contraint de quitter sa ville natale d’Halicarnasse (vers 457 av. J.C.) pour l’île de Samos. De là, il entreprit des voyages en Egypte, Lybie, Phénicie, Babylone, Asie Mineure, Scythie et Colchide (région de la Mer Noire), Sparte, Athènes, et la colonie athénienne de Thourioi au sud de l’Italie, où il passa probablement le reste de sa vie. Hérodote, connu comme le Père de l’Histoire, écrivit les « Histoires », publiées entre 430 et 424 av. J.C. et plus tard divisées en neuf livres qui reçurent chacun le nom d’une des neuf Muses. Les Histoires qui décrivent l’expansion de l’Empire Perse Achéménide ainsi que les Guerres Médiques qui se conclurent par les victoires grecques, donnent des informations ethnographiques et ethnologiques d’un grand intérêt.




Bodrum, qui est devenue une zone historique préservée, a une architecture spéciale : les maisons sont généralement blanchies à la chaux et ne doivent pas excèder deux étages afin de s’harmoniser avec l’environnement traditionel. De nos jours, Bodrum est une station balnéaire très en vogue. C'est un point de départ pour des croisières dans le golfe de Gökova, et pour la découverte des innombrables et très belles baies de la péninsule. Une balade en voiture permet également de visiter la région et de découvrir ses vieux moulins abandonnés s’élevant sur la crête des collines, et ses villages en bord de mer : Gümüslük, Gündogan, Gölköy, Türkbükü et leurs sympathiques tavernes et restaurants de poissons, Yalikavak avec ses rues typiques...


Lorsque Cevat Sakir Kabaagaçli, le fils d’un diplomate ottoman diplômé d’Oxford fut exilé à Bodrum en 1924 pour une durée de trois ans (en fait réduite à un an et demi) à cause de ses écrits anti-guerre, il tomba amoureux de l’endroit et décida d’y passer la plus grande partie du restant de ses jours. Bodrum était alors un endroit simple et isolé où la population vivait de la pêche et de la pêche à l’éponge. Sous le nom de « Pêcheur d’Halicarnasse », utilisant une langue poétique dans ses nombreux romans, histoires et articles qui reflètent sa grande culture, il écrivit sur les Civilisations Anatoliennes, sur la beauté et la richesse de l’ouest de l’Anatolie, sur l’humanisme de la population égéenne. Il introduisit de nouvelles techniques de pêche, planta des arbres et travailla beaucoup à embellir et faire connaître Bodrum. Au début des années 1960, un groupe d’intellectuels d’Istanbul, à la recherche d’ extase esthétique et de purification spirituelle, commencèrent à lui rendre visite à Bodrum. Il les initia à la navigation en « Croisière Bleue » sur des bateaux simples où ils découvrirent la beauté de la nature et la richesse historique du sud-ouest égéen. Plus tard, ils commencèrent à séjourner dans les maisons des pêcheurs, payant pour leur chambre avec pension. La mode fut ainsi lancée et la classe moyenne turque adopta à son tour Bodrum comme lieu de villégiature. Bodrum devint rapidement le principal havre de vacances de l’ouest de la Turquie.

"Croisière Bleue" à bord d'une "gulet" ou goélette, un bateau traditionnel en bois à deux mâts


Le Château Saint Pierre est un beau spécimen de l'architecture franque en Orient. Les matériaux de construction proviennent en partie des ruines du Mausolée (les grosses pierres de couleur verdâtre). Sur les remparts et aux dessus des portes se trouvent de nombreux écussons où sont représentés les armes de l’Ordre des Hospitaliers, des Grands Maîtres (comme Pierre d’ Aubusson, Emery d’ Amboise), des commandants de la place. Le château possède cinq tours, chacune étant appelée par la nationalité des chevaliers : la Tour Anglaise, la Tour Française, la Tour Allemande, la Tour Italienne et la Tour Espagnole. Dans les douves intérieures se trouvent les Tours Caretto et Gatineau. Entre 1513 et 1522 la Tour Gatineau fut utilisée comme donjon et salle de torture. Des personnages importants furent emprisonnés içi. L’ un d’entre eux était Oruç Reis, le frère aîné du célèbre Grand Amiral Barbaros Hayrettin Pacha. Durant la traversée de retour suivant la victoire de Trablussam, il fut attaqué par les Chevaliers. Son frère Ilyas fut tué au cours de la bataille et Oruç Reis fut blessé et fait prisonnier. Il resta en captivité de 1503 à 1506, passant la première année de son emprisonnement dans le donjon du château où il fut torturé. Les Chevaliers le transférèrent plus tard à Rhodes. Lorsque finalement les Chevaliers se rendirent le 20 décembre 1522 et que le château fut livré le 5 janvier 1523, les Turcs firent recouvrirent la salle de torture sous un mur de 3m d’ épaisseur afin d’en effacer la trace. Le bain turc, qui est la seule construction faite par les Turcs à l’intérieur du château, se trouve au sud de la chapelle gothique.

Armoiries des Chevaliers de l'Ordre de St Jean
et drapeaux et pavillons ottomans
La Baie deBodrum s'ouvre sur le Golfe de Gökova


À l'intérieur du château se trouve un musée comprenant, entre autres, une très intéressante section sur l’Archéologie Sous-Marine où sont exposées les trouvailles provenant d’épaves historiques (épaves, objets en verre et de nombreuses amphores de d'origine variée). La plus ancienne épave est l'Epave d'Uluburun qui remonte au au XIVe siècle av. J.C. (photo de gauche). Lorsque le navire coula, il transportait vingt tonnes de matières premières telles que des lingots de cuivre, du fer et du verre, de l'ébène, des amphores remplies de résine, des coquilles d'oeufs d'autruche, de la nourriture, des épices et des objets de valeur dignes d'un souverain...


La Salle de la Princesse Carienne: en 1989 une chambre funéraire fut découverte par hasard près de la nécropole antique. Les fouilles révélèrent un sarcophage intact contenant le squelette bien préservé d'une femme, entouré de bijoux et d'ornements (ainsi que les ossements d’une souris prise au piège dans la tombe). Une reconstitution soignée de la tête de la défunte fut faite par le Département de Science médico-légale de l'Université de Médecine de Manchester en collaboration avec le Musée de l’Université de Manchester. L’âge de la mort est évalué approximativement à 44 ans. Les ossements ont été daté à 360-325 av. J.C.. Il est très probable que cette femme soit Ada, la dernière souveraine de Carie et soeur de Mausole. La Princesse Carienne est représentée dans une salle de banquet, similaire à l’Andron de Mausole à Labranda, accueillant des invités, vêtue d’une robe ample parée d’ornements en or. Du vin est servi dans une jarre (oinochoe). A droite de la salle se trouve la tombe avec le squelette d’Ada (et les ossements de la souris). L‘inscription au dessus de la tombe dit « repose en paix ». De l'encens brûle à la tête de la tombe qui est gardée par des anguilles sacrées aux boucles d’oreilles en or.



Le Mausolée
, la tombe du roi Mausole, est à l’origne des monuments funéraires de grandes dimensions et d’architecture somptueuse. Le Mausolée mesurait environ 40 m de long, 30 m de large et 45 m de haut. Il était constitué par une imposante base à degrés et d’une chambre funéraire sur laquelle s’élevaient 36 colonnes ioniques. Elles étaient surmontées par un toit pyramidal couronné par un quadrige de marbre conduit par Mausole et Artémise, oeuvre du sculpteur Phyteos qui, avec l’architecte Satyros, dressa les plan de ce monument. La base était parée d’une frise éxécutée par quatre célèbres sculpteurs qui travaillèrent chacun sur un des côtés: Scopas, Bryaxis, Thimothéos et Léocharès. Les auteurs classiques furent très impressionnés par ces sculptures. Le Mausolée domina la ville au moins jusqu’au XIIe siècle. Ayant été détruit par une série de tremblements de terre, au début du XVe siècle les Chevaliers de Rhodes remployèrent ses pierres qui jonchaient le sol, pour la construction du château. Dans les années 1850 Charles Newton découvrit le site du Mausolée avec les vestiges des marches et de la chambre funéraire. Les fragments de la frise ainsi que les statues de Mausole et d’Artémise qu’il trouva, furent envoyés au British Museum à Londres. En 1966 une équipe danoise entreprit des fouilles et des études modernes du site. Aujourd’hui, une grande dépression indique la position du Mausolée. Les marches principales sur le côté ouest de la dépression mènent à la tombe de Mausole. On peut voir également l’énorme bloc de pierre grise (andésite) qui en bloquait l’entrée.

Vue d'ensemble du site du Mausolée et de la chambre funéraire de Mausole (en bas)
Reconstruction du Mausolée


Le Théâtre est situé sur la colline dominant Bodrum. Construit à la période de Mausole, il est l’un des rares théâtres pré-hellénistiques d’Asie Mineure et donc l’un des plus anciens. Il avait une capacité d’ environ 13 000 spectateurs.

 


La Porte de Myndos est située à l’ouest de Bodrum. C'est la seule porte monumentale de l’antique Halicarnasse qui ait subsisté. Elle faisait partie des remparts de la ville, longs de 7km, construits par Mausole au IVe siècle av. J.C... La porte, construite avec des blocs d'andésite, porte le nom de Myndos car elle fait face à l’ancien port de Myndos (aujourd’hui Gümüslük).


La Coupe Internationale de Voile de Bodrum a lieu chaque année en octobre.
Bodrum est dotée d'un aéroport de lignes intérieures et internationales. Des bateaux relient Bodrum à Datça et des hydroglisseurs relient Bodrum à Marmaris, ainsi qu'aux îles grecques de Kos et de Rhodes.